Qui se cache derrière cet anglicisme présentant une hybridité certaine ? Quelles sont les raisons de son avènement ? Quelles opportunités et quels points de vigilance pour les entreprises ?

Gagner en productivité, apporter plus de valeur à leurs clients, engager différemment les collaborateurs, développer une offre produit innovante sont autant de nouveaux objectifs qui poussent les entreprises à développer plus rapidement des solutions métiers plus proches des besoins finaux afin de gagner en efficacité. Dans ce contexte de transformation numérique, les organisations voient apparaître en leur sein un nouveau profil de collaborateur : le Citizen Developer. Qui se cache derrière cet anglicisme présentant une hybridité certaine ? Quelles sont les raisons de son avènement au sein des grands comptes mais aussi des ETI ? Dans quelles mesures représente-t-il une source d’opportunités pour les entreprises ? Quels sont les points de vigilance ?

Une réponse à un besoin de productivité

Pour davantage de productivité, de nombreuses organisations doivent repenser leur fonctionnement, en améliorant notamment leurs process internes.
A la fois plus connectées et plus ouvertes, tant en interne pour mettre fin aux silos, qu’en externe avec leurs clients, leurs partenaires et leurs fournisseurs, les entreprises investissent de plus en plus de ressources dans le développement d’applications mobiles et web afin d’accroître l’efficacité des directions métiers. En parallèle, les entreprises font face à des collaborateurs, plus mobiles et flexibles, travaillant désormais avec leur propre matériel en association avec ceux de l’entreprise – comportement couramment désigné par l’acronyme BYOD (Bring Your Own Device). Les collaborateurs au sein des équipes métier collaborent plus étroitement avec les équipes IT en vue d’améliorer la pertinence des applications métiers et la fiabilité des informations grâce à une meilleure communication entre les acteurs internes mais aussi externes à l’entreprise.

Sécuriser, mutualiser et simplifier l’accès aux informations

Les applications ne nécessitant qu’une connaissance limitée en code ne seraient-elles une réponse aux applications inadaptées aux besoins des collaborateurs ou ne répondant pas aux exigences de sécurité et de transversalité des organisations ? En effet, combien de logiciels développés en interne souffrent d’une sous-utilisation, voire d’une non-utilisation due à une inadéquation avec les besoins des utilisateurs ! Pour répondre à ce problème ou gagner en réactivité, certains utilisateurs avancés ont bien créé à l’aide de Microsoft Excel et Microsoft Access des outils élaborés de pilotage ou des bases de données. Bien que pragmatique, cette démarche reste insuffisante et s’avère problématique en termes de sécurité, notamment quand ces référentiels contiennent des informations stratégiques. L’informatique a réalisé sa transformation se démocratisant notamment grâce à l’avènement du Web 2.0, puis des applications mobiles (les apps). Les utilisateurs finaux peuvent dorénavant créer des applications rapidement et pour tout besoin à l’aide de services partagés, de plateformes de développement de type 4GL et de services de Cloud de quatrième génération. Dans ce contexte, émergent, au sein des organisations, de plus en plus d’applications en Low Code et apparaissent les Citizen Developers, bousculant les habitudes des équipes IT tout en leur apportant complémentarité et renfort.

De la nécessité de maîtriser les aspects techniques

Un Citizen Developer pourrait se définir comme un utilisateur final passionné du numérique, capable de concevoir de nouvelles applications en exploitant des environnements de développement et d’exécution imposés par la DSI de l’entreprise. Sans forcément être un as du code (voir encadré), il a une connaissance approfondie de l’environnement informatique de l’entreprise et de ses besoins métiers. Interlocuteur privilégié de la DSI et des équipes métiers, il agit comme le garant de l’efficacité et l’optimisation dans le temps des applications métiers et de leur appropriation par les utilisateurs finaux. Le Citizen Developer peut aussi devenir force de propositions et d’innovations pour l’entreprise. Son rôle peut également permettre de limiter le Shadow IT, ces applications circulant dans l’entreprise sans l’aval de la DSI et qui peuvent nuire au système d’information.

Les outils du Citizen Developer
Pour créer rapidement et à moindre coût une nouvelle application sans grandes compétences en code, le Citizen Developer bénéficie de l’essor de différentes plateformes qui nécessitent peu de développement par code, comme Salesforce, Google, Appian, QuickBase, Mendix, ainsi que des formations comme les Mooc et les tutoriaux en ligne. De plus, au sein du bouquet de services Microsoft Office 365, plusieurs solutions ont été élaborées avec une approche Low Code comme Microsoft Power BI, qui permet de centraliser les données de votre organisation issues de multiples plateformes (ERP, CRM, documents Excel…) pour plus de pilotage ou encore Microsoft PowerApps, solution pour rapidement créer des applications métiers web et mobiles personnalisées via des opérations de « pointer-cliquer ». Microsoft PowerApps permet de choisir parmi une grande sélection de modèles ou de démarrer à partir d’un canevas vierge.
Il faut néanmoins rester lucide ! Ces plateformes permettant de créer aisément et rapidement des applications et a fortiori les applications dédiées à la collaboration et à la communication nécessitent des connaissances techniques concernant l’ensemble du système d’information et de l’organisation. Le Citizen Developer se devra ainsi de maîtriser ces aspects, pour proposer des applications transverses à la fois ses et évolutives.
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